9 Compétences utiles en marketing (selon mon expérience)

Portrait de Si Quan Ong

Par Si Quan Ong

SEO & Marketing Educator chez Ahrefs

Mis à jour : September 29, 202632 min de lecture

Il y a toujours quelque part un débat sur les compétences à maîtriser dans le marketing.

Untel dit que c’est la rédaction, l’autre dit que c’est le code. Un va soutenir que c’est le branding, son voisin que c’est la vision stratégique. Ajoutons à cela le marketing de performance, l’analyse de données et les compétences comme le management dans la balance et on se rend compte que la liste est sans fin.

Existe-t-il une bonne ou une mauvaise réponse ? Je ne pense pas. Réfléchissez-y : les conseils de carrière sont forcément autobiographiques. Tout dépend du rôle que vous avez et des compétences que vous avez apprises en route. Après tout, on ne peut pas prédire l’avenir, on ne peut que prendre du recul sur le chemin parcouru.

C’est comme cela que nous allons construire cet article.

Plutôt que de vous dire quoi apprendre, je vais partager avec vous les compétences qui m’ont aidé dans ma carrière de marketing numérique, déjà plus de six ans d’expérience.

Ce que l'IA a changé à la liste des compétences utiles en marketing

La réaction habituelle face à l'arrivée de l'IA générative consiste à allonger la liste : il faudrait désormais aussi savoir prompter, connaître les modèles, maîtriser tel outil. Cette lecture nous paraît fausse, ou en tout cas très insuffisante. Ce que l'IA a fait n'est pas d'ajouter une ligne en bas du tableau, c'est de déplacer la valeur à l'intérieur de chaque compétence existante.

Copywriting
Produire un texte correct, décliner dix variantes d'une accroche
Savoir ce qu'il faut dire, à qui, et reconnaître quand un texte sonne faux
Marketing de contenu
Rédiger un brief, produire du volume, résumer une source
Choisir les sujets, avoir un point de vue, apporter une information de première main
SEO
L'audit SEO de premier niveau, l'extraction de mots-clés, le maillage interne mécanique
L'arbitrage, la lecture d'un marché, et une surface nouvelle : les moteurs de réponse
Email outreach
Personnaliser en masse, trouver des adresses, rédiger une séquence
Avoir une vraie raison d'écrire, puisque tout le monde peut désormais écrire vite
Networking
Rien, ou presque
Tout. C'est la compétence la moins automatisable de la liste
Gérer ses priorités
Rien
Davantage, parce que le nombre d'actions possibles a explosé
L'expérimentation
Le coût de monter un test
Le choix du test à monter, et la lecture honnête du résultat

Une lecture en diagonale de ce tableau donne une règle simple : l'IA a rendu l'exécution abondante et le jugement rare. Les deux colonnes de droite décrivent presque toutes la même chose sous des noms différents : décider quoi faire, et savoir reconnaître ce qui est bon.

Ce que disent les données sur le marché de l'emploi

Deux sources permettent de sortir des impressions. Le Forum économique mondial, dans son Future of Jobs Report 2025, place l'IA et le big data en tête des compétences dont la demande croît le plus vite, tout en maintenant la pensée analytique comme première compétence de fond, jugée essentielle par sept employeurs sur dix. Le même rapport estime que 39 % des compétences clés auront changé d'ici 2030, un chiffre en baisse par rapport aux 44 % annoncés en 2023.Côté français, l'Apec a analysé les offres d'emploi pour les cadres et livre un résultat que peu de gens attendent. En 2025, les métiers commercial-marketing représentent 13 % de l'ensemble des offres de cadres mentionnant l'IA, en deuxième position derrière l'informatique. Mais ces offres ne représentent que 2 % des offres de la fonction commercial/marketing.La compétence IA n'est pas encore un filtre à l'embauche dans le marketing.Côté français, l'Apec a analysé les offres d'emploi cadre publiées sur sa plateforme et livre un tableau plus nuancé que le discours ambiant. En 2025, la fonction commercial-marketing représente 13 % des offres cadre mentionnant l'IA, contre 9 % quatre ans plus tôt, ce qui la place en deuxième position derrière l'informatique. La progression est nette : entre 2022 et 2025, les offres mentionnant l'IA ont augmenté de 33 % pour la fonction marketing et de 62 % pour la fonction commerciale.Mais la même étude pose tout de suite la limite : les offres mentionnant l'IA ne représentent encore que 2 % des offres de la fonction commercial-marketing, contre 0,8 % en 2022.Ce qu'il faut en retenir est donc moins spectaculaire, mais plus solide : la compétence IA n'est pas encore un critère de filtrage explicite à l'embauche, mais elle progresse vite puisqu'elle a été multipliée par deux et demi en trois ans dans cette fonction. Elle fonctionne aujourd'hui comme un facteur de différenciation, avec une fenêtre qui se refermera mécaniquement à mesure que la compétence se généralisera.L'Apec relève aussi que les recruteurs redéploient la valeur ajoutée des cadres marketing vers l'analyse, la personnalisation et la stratégie de relation client, et que les besoins de formation exprimés portent d'abord sur des compétences transversales, pas sur des compétences techniques pointues. Autrement dit : le marché ne cherche pas des ingénieurs, il cherche des marketeurs qui savent se servir de ces outils sans y perdre leur jugement.

On enchaîne avec la première compétence : le Copywriting.

1. Copywriting

Il y a sept ans, j’ai lu un ouvrage intitulé The Education of Millionaires. Le livre insiste sur l’importance du copywriting (aussi appelé rédaction publicitaire), ce qui a attiré mon attention. J’ai continué à lire sur le sujet, je me suis entraîné en créant ma propre newsletter. J’ai fini par écrire la plupart des articles de blog de mon site, landing pages et mailing. Je n’ai jamais vraiment arrêté, je rédige du contenu pour les sociétés pour lesquelles je travaille.

Lorsque l’on travaille dans le marketing numérique, il est quasiment impossible de ne pas faire de copywriting. Que ce soit pour rédiger un article de blog, un tweet, un texte de pub ou le script d’une vidéo, vous avez besoin de rédiger d’une certaine manière.

C’est pour cela qu’il est important d’apprendre à écrire correctement.

Vous voulez améliorer votre rédaction ?Mon conseil incontournable : passez-vous des livres habituels et apprenez le copywritingLe copywriter rédige de manière claire et simple. Pas de chichi. Il va directement au but.Je vous le recommande fortement.

Qui plus est, apprendre le copywriting va vous donner les fondamentaux du marketing. Pour écrire de bons textes, vous devez savoir à qui vous vendez. Vous aurez eu à faire une étude de clientèle, savoir ce qu’ils veulent, ce dont ils ont besoin, comment ils s’expriment. Tout cela fera de vous un meilleur spécialiste du marketing.

Comment commencer

La première chose est d’oublier ce que vous avez appris à l’école. Écrire pour le web est très différent de la rédaction académique. Si vous écrivez comme vous le faisiez à l’école, l’audience de votre blog ne décollera pas.

Ensuite, penchez-vous sur certaines ressources qui vont vous apprendre les bases du copywriting, en voici quelques-unes que j’ai appréciées :

Il sera également utile de prendre quelques livres sur la psychologie et l’art de la persuasion, c’est la base de l’art.

Enfin, il faut écrire. On ne peut pas y couper. Pour apprendre à écrire, il faut écrire. Créez un site, entreprenez un stage, tweetez, le moyen n’a pas d’importance; commencez à vous entraîner.Ce conseil d'écrire soi-même est devenu encore plus important aujourd’hui. L'argument peut surprendre à une époque où une machine rédige une page de vente en trente secondes. Il tient pourtant en une phrase : on ne peut pas juger un texte qu'on ne saurait pas écrire. Un marketeur qui n'a jamais peiné sur une accroche ne verra pas ce qui cloche dans celle que l'outil lui propose, et publiera le texte moyen que tout le monde publie.Les livres cités plus haut n'ont pas pris une ride pour cette raison précise : ils n'enseignent pas à produire des phrases, ils enseignent à comprendre un lecteur. C'est la partie du copywriting que l'IA ne fait pas à votre place, parce qu'elle suppose de connaître un marché que le modèle n'a jamais rencontré.

2. Marketing de contenu

À mes débuts, je n’avais pas beaucoup de moyens pour me lancer. Monter un blog semblait être un bon moyen d’attirer du trafic sur mon site sans dépenser de grosses sommes d’argent. Cela m’a naturellement amené vers le marketing de contenu.

Le marketing de contenu est à la mode. Regardez à quel point ça a gagné en popularité avec le temps :

Données de Google Trends

Selon HubSpot, 70% des professionnels du marketing investissent régulièrement en marketing de contenu. Il y a des tonnes d’exemples de personnes qui s’appuient sur le marketing de contenu pour monter des affaires à succès. Ahrefs en fait partie. On peut aussi mentionner Luxy Hair, Beardbrand, Shopify, etc.

Pourquoi le marketing de contenu connaît-il une telle popularité ? Selon moi :

  • Il nourrit et convertit les leads. Peu de gens achètent sans se renseigner. La plupart des consommateurs vont entreprendre une “quête” : ils vont chercher partout, lire des critiques et avis, consommer du contenu et parler avec d’autres personnes. Le marketing de contenu va vous aider dans chaque étape de cette quête.
  • Il éduque le client potentiel. Les clients potentiels ont plus de chance d’acheter votre produit s’ils savent comment s’en servir pour régler leurs problèmes. Le marketing de contenu sert à cela.

Lecture recommandée (en anglais) :Why is Content Marketing Important? 5 Reasons

Comment commencer

Bien écrire n’est qu’un seul aspect du marketing de contenu. Il va aussi falloir connaître le reste : stratégie, recherche sur un sujet, créer le bon type de contenu, promouvoir le contenu, etc.

Commencez par lire cet excellent article de Fio, cela vous donnera les bonnes bases pour comprendre le sujet.

Ensuite, vous pouvez regarder ce cours gratuit de Blogging for Business.

Il dure cinq heures, mais vaut vraiment le coup. Ce cours va vous apprendre tout ce que vous avez besoin de savoir pour générer du trafic pour votre blog. Même des personnes expérimentées y ont appris une chose ou deux.

Moi, il y a une heure : allez, je vais jeter un œil au cours sur le blogging de @timsoulo… Mais bon, je pense pas apprendre grand chose.Moi, maintenant : *les yeux collés à l’écran, le bureau qui déborde de notes* Bien joué, Tim.

Vous voulez en apprendre plus sur le marketing de contenu ? Voici quelques ressources complémentaires :

La compétence qui manque à cette section en 2026 : savoir mesurer autrement. Le marketing de contenu se pilotait avec deux indicateurs, le trafic organique et les conversions. Une partie de l'audience lit désormais la réponse sans jamais arriver sur la page, ce qui rend le premier indicateur trompeur : un contenu peut gagner en influence tout en perdant des sessions.Le réflexe à prendre est d'ajouter deux mesures à côté du trafic. La part de citation, c'est-à-dire la fréquence à laquelle votre marque est nommée dans les réponses générées, que l'on suit avec Brand Radar. Et les signaux de demande de marque, comme le volume de recherches sur votre nom, qui montent quand votre contenu travaille même sans clic.

3. Search engine optimization (SEO)

Après avoir géré des blogs pendant un bon moment, j’ai repéré une certaine constante. La plupart des articles reçoivent du trafic au début, mais finissent par mourir au bout d’un moment.

Trafic que vous vous démenez à obtenirPas de trafic

A contrario, les articles de blog qui recevaient du trafic constant étaient ceux qui étaient bien positionnés sur Google.

Trafic que vous vous démenez à obtenirTrafic passif

Essayer de comprendre ceci m’a amené vers le SEO.

Apprendre le SEO m’a fait faire un bond dans ma compréhension du marketing de contenu. Plutôt que d’errer sans but, à courir comme un hamster dans sa roue pour essayer d’avoir plus de trafic en publiant plus souvent, j’ai appris par le SEO que le contenu “evergreen” (qui reste pertinent sur la durée) obtient naturellement du trafic au fil du temps.

En plus, le marketing de contenu lié au SEO est généralement moins cher sur le long terme.

Par exemple, le blog de Ahrefs se positionne sur environ 175 000 mots-clés, il génère un trafic estimé de 373 000 visites organiques par mois.

Issus de l’Explorateur de site Ahrefs

Si nous voulions obtenir ce trafic via Google ads, ça nous coûterait environ 965 000 dollars par mois (11.58 millions par an). Vous vous imaginez bien que nous sommes très loin d’avoir dépensé cette somme pour créer du contenu. Sur le long terme, la création de contenu est moins chère que les publicités payantes.

Comment commencer

Vous pouvez déjà regarder cette vidéo pour comprendre ce qu’est le SEO :

De là, si vous souhaitez explorer les différents sujets qui composent le SEO, je vous recommande de jeter un oeil à ces articles :

La nouvelle partie du SEO : les moteurs de réponse IA

Le SEO a gagné une surface. À côté des dix liens bleus, il y a désormais des réponses générées, dans Google comme dans les assistants, et ces réponses citent des sources. On parle d'AEO, pour Answer Engine Optimization.Ce n'est pas une discipline séparée, et c'est important de le dire aux débutants qui hésitent sur quoi apprendre : les leviers sont les mêmes. Un contenu clair, structuré, qui répond directement à une question, publié par une source que d'autres citent. Ce qui change, c'est la surface d'affichage et la façon de mesurer.

  • Ce qui reste identique  : la qualité technique, la profondeur du contenu, l'autorité acquise par des mentions et des liens.
  • Ce qui est nouveau  : structurer une page pour qu'un passage précis soit extractible, et surveiller si vous êtes cité plutôt que seulement classé.
  • Ce qu'il faut désapprendre  : l'idée qu'une position dans les résultats suffit à mesurer la visibilité.

Pour vous former, notre guide de l'AEO couvre le sujet, et l'outil de suivi gratuit des AI Overviews permet d'observer directement ce qui se passe sur vos requêtes plutôt que d'en discuter en théorie.

4. Emailing

Qu’on appelle souvent sous le terme anglais “Email outreach”, c’est la base de beaucoup de choses en marketing. Partenariats, événements, réseau, développement de business, création de backlinks… Tout cela nécessite généralement un mail spontané, “cold email”.

Vous vous doutez bien que savoir envoyer un mail d’outreach efficace est la différence entre obtenir ce que vous voulez et être ignoré.

Comment commencer

Ce n’est pas parce qu’on peut envoyer un email à n’importe qui et à n’importe quel moment qu’ils sont toujours les bienvenus. Plus une personne est occupée ou célèbre, plus elle recevra de mails qu’elle considérera comme “spam” dans sa boîte de réception. Si vous ne travaillez pas vos compétences d’outreach, votre envoi finira surement dans ce groupe et directement dans la corbeille.

Comment s’y prendre alors ? Vous devez réfléchir à ce que la personne à qui vous écrivez a à gagner. Évidemment que vous voulez quelque chose de sa part, mais, qu’est-ce que cette personne va en retirer ? Pourquoi est-ce qu’elle vous aiderait ?

Prenez toujours un moment pour réfléchir à cela avant de préparer un mail. Voici quelques raisons potentielles :

  • Vous citez la personne ou son travail dans votre contenu
  • Vous avez quelque chose de nouveau, d’intéressant ou unique à lui montrer
  • Vous l’invitez sur votre plateforme qui a plus de X viewers, abonnés, lecteurs…
  • Vous vous êtes appuyés sur ses conseils/sa méthode et ça a fonctionné

Etc.

Pour en apprendre plus sur les bons mails d’outreach, lisez cet article ou regardez cette vidéo :

Cette compétence est celle dont la difficulté a le plus augmenté. La personnalisation automatisée est devenue triviale : tout le monde peut envoyer mille messages qui citent correctement le nom, l'entreprise et le dernier article de la personne. Résultat, le signal que constituait autrefois l'effort de personnalisation ne signale plus rien du tout.Ce qui reste, c'est exactement ce que je décris plus haut : avoir une vraie raison d'écrire. Une raison qu'un modèle ne peut pas inventer à votre place, parce qu'elle suppose d'avoir lu, testé, ou construit quelque chose. La bonne question à se poser avant d'appuyer sur envoyer n'a pas changé, elle est simplement devenue éliminatoire : est-ce que ce message aurait pu être écrit par quelqu'un d'autre que moi ?

5. Networking : le réseautage

J’ai eu mon poste à Ahrefs par réseautage.

J’ai rencontré notre responsable marketing Tim à un événement à Singapour. Ensuite :

  • J’ai absorbé tout le contenu de Ahrefs et en ai fait la promotion sur les réseaux sociaux, Reddit, GrowthHackers, etc.
  • Je l’ai interviewé pour un guest post sur un autre blog
  • Je l’ai aidé avec le lancement de Blogging for Business en parlant à mon audience et en le mettant en contact avec des influenceurs.

Et j’ai fait tout ça gratuitement. Tim ne m’a jamais demandé de le faire, et je n’ai jamais rien demandé en retour. La suite vous la connaissez.

Vous connaissez l’expression “ce qui importe n’est pas tant ce que tu sais, mais qui tu connais”, c’est difficile à admettre, mais vrai (sauf pour la première partie, les compétences restent importantes).

Les gens veulent travailler avec des personnes qu’ils connaissent et en qui ils ont confiance. Travailler son réseau est un raccourci pour y parvenir. Pas seulement pour trouver un travail d’ailleurs, avec un bon réseau vous pouvez :

  • Obtenir des retours et avis sur vos produits, votre travail, votre entreprise
  • Régler plus rapidement des problèmes que vous pourriez rencontrer, des membres de votre réseau ont peut-être connu le même genre de déboires
  • Avoir des points de vue différents

Comme Matthew Howells-Barby L’écrit :

Il y a une limite à ce que vous pouvez apprendre par vous-même. Il y a aussi des problèmes auxquels vous n’aurez jamais fait face. C’est là qu’apprendre à travers les autres est indispensable. Presque chaque semaine pendant ces dernières années, j’ai rencontré une personne que je ne connaissais pas qui avait un poste similaire au mien dans une entreprise différente. Ça pouvait être un appel téléphonique d’un quart d’heure, prendre un café ensemble ou aller visiter leurs locaux. Pendant ces entretiens, je pose une question : “Quels sont les problèmes les plus graves auxquels vous ayez fait face et comment vous les avez surmontés ?”
Matthew Howells-Barby
Matthew Howells-Barby, VP Marketing HubSpot

Comment commencer

Trop de gens prennent le réseautage par le mauvais bout. Ils ont une idée en tête, ils veulent vous connaître uniquement parce que vous pourriez leur apporter quelque chose d’une manière ou d’une autre. Dans son livre Give and Take, Adam Grant appelle ces gens les “takers”, les “preneurs”. Ils prennent et ne donnent jamais en retour. On voit ces gens venir de loin.

C’est le meilleur moyen d’être très mauvais en réseautage.

À la place il faut être un “giver”, un “donneur”. Vous ne faites pas quelque chose parce que vous vous attendez à avoir une faveur. Vous voulez réellement aider et apporter de la valeur. Selon les recherches d’Adam Grants, ces personnes sont celles qui réussissent le plus en réseautage.

Tout part de votre état d’esprit.

Si vous voulez en apprendre plus sur le réseautage, je vous conseille :

S'il fallait ne retenir qu'une compétence de cette liste en 2026, ce serait probablement celle-ci. Le réseautage est la seule des sept que l'IA ne touche pas, ni pour l'aider ni pour la remplacer. Elle prend même mécaniquement de la valeur : à mesure que la production devient abondante et que tout le monde publie davantage, la confiance devient le seul filtre qui fonctionne encore. On ne demande pas à un modèle de recommander quelqu'un pour un poste, on demande à une personne qui a déjà travaillé avec lui.

6. Gérer ses priorités

Trop de gens font l’erreur de penser que la productivité veut dire abattre le plus de travail possible dans un temps limité. Faites une liste de tâches inutiles et amusez-vous à les accomplir le plus vite possible.

C’est de la productivité ? Je ne crois pas.

Il est important d’avoir une idée claire de quelle tâche doit être faite en priorité dans le cadre de son travail. On ne prend pas le temps de planifier ce qu’il y a à faire avant d’arriver au bureau ou d’allumer son ordinateur, et on se retrouve aspiré par les urgences de la journée.

Si vous voulez être productif et travailler efficacement, il va falloir apprendre à gérer ses priorités.

Comment commencer

Il existe des centaines de modèles, de méthodes, d’ouvrages, de cours qui vont vous apprendre à faire cela. Tout fonctionne potentiellement. Mais il faut trouver la méthode qui colle avec votre personnalité, vos préférences, votre manière de la mettre en place…

Personnellement je suis un système appelé Weekly/Daily Goals. Il y a trois règles :

  • Chaque semaine, faire une liste des choses à faire dans la semaine
  • Chaque soir, faire une liste des tâches du lendemain (basée sur la liste de la semaine)
  • Chaque jour, se concentrer sur finir la liste du jour.

C’est on ne peut plus simple, mais c’est là le secret. Un système de priorité / d’optimisation de la productivité doit être simple, ou il sera difficile à suivre. Jusqu’ici, ça a plutôt bien marché pour moi.

Vous pouvez en apprendre plus dans ce PDF (en anglais).

Un effet secondaire de l'IA qui rend ce conseil plus urgent en 2026 : le coût de lancer une action a chuté, donc le nombre d'actions possibles a explosé. On peut désormais produire en une matinée dix variantes de landing page, trois séquences d'emails et un mois de contenu social. Rien de tout cela ne dit ce qu'il faut faire.

7. L’expérimentation

Le marketing numérique est en constante évolution. Ce qui fonctionne aujourd’hui pourrait ne plus marcher demain, ce qui réussit à une société pourrait ne pas s’appliquer à la vôtre.

Il faut donc perpétuellement tester pour déterminer ce qui fonctionne ou non.

Pour y parvenir, il faut procéder comme le ferait un scientifique : avec l’expérimentation. Voyez tout ce que vous faites comme une expérience. Il n’y a pas d’échec : ce sont de nouvelles données. Ce ne sont que des problèmes temporaires qui vont vous aider à vous améliorer, à en apprendre plus sur votre structure, vos clients et votre marché.

Comment commencer

Ce n’est pas vraiment une compétence, mais une question d’état d’esprit. J’aime beaucoup la manière dont Derek Silver l’explique :

Aux États-Unis dans les années 70, ils testaient leur système de message d’alerte d’urgence à la télévision avec un long “BIIIIIIIIIIIIIIP”. Après, le présentateur disait “Ceci est un test. Ceci est juste un test.” Cette phrase est toujours gravée dans ma mémoire. “Ceci est un ceci. Ceci est juste un test”. Il faut garder cela à l’esprit dans sa carrière. Tout semble toujours si sérieux, comme si à la moindre erreur, ce serait le désastre. Mais tout ce que vous avez à faire, c’est des tests : une expérience pour voir ce qu’il se passe. Les moments de la vie que je préfère sont ceux où l’on a l’approche “voyons ce qu’il se passe”. Voyons ce qu’il se passe si je modifie ma voix avec une pédale de guitare électrique. Voyons ce qu’il se passe si j’invite ce célèbre producteur à déjeuner. Voyons ce qu’il se passe si j’appelle la station de radio pour leur demander conseil. Il est en fait impossible d’échouer si votre seul objectif est de voir ce qu’il va se passer ! “Ceci est un test. Ceci est juste un test”, il n’y a pas mauvais côté, essayez tout !

Demandez-vous :

  • Quelle expérience pourriez-vous tenter sur les 30 prochains jours ?
  • Qu’est-ce qui va se passer si vous tentez de faire l’inverse pendant 48h ?

Testez, et voyez ce qu’il se passe.

8. Piloter une production IA et en vérifier la sortie

Savoir écrire un prompt est une compétence de quelques heures, qui se périme à chaque nouvelle version de modèle. Savoir cadrer un travail, fournir le bon contexte, puis reconnaître si le résultat est utilisable est une compétence de plusieurs années, et c'est celle que les recruteurs décrivent sans toujours savoir la nommer.

Les trois gestes qui la composent

  1. Cadrer l’IA.  Donner un objectif, un destinataire, des contraintes, des exemples de ce que vous considérez comme bon. La majorité des résultats médiocres vient d'une demande médiocre, pas du modèle.
  2. Fournir le contexte.  Un modèle LLM ne connaît ni votre marché, ni vos clients, ni vos données. Le travail consiste à les lui apporter, ce qui suppose de les avoir rassemblés quelque part.
  3. Vérifier.  C'est le geste le plus important et le plus négligé. Toute affirmation chiffrée, toute source, tout nom propre se contrôle. Publier une donnée fausse coûte infiniment plus cher que le temps gagné à la produire. Et on sait à quel point les IA peuvent parfois halluciner…

Et voici le test de compétence que nous vous proposons : Demandez à un outil de produire quelque chose dans votre domaine, puis notez combien de corrections vous êtes capable de faire sans chercher ailleurs. Si la réponse est « aucune », le problème n'est pas l'outil : vous ne maîtrisez pas encore le sujet assez pour l'utiliser. C'est la raison pour laquelle les sept compétences précédentes gardent leur ordre d'apprentissage : on apprend à juger avant d'apprendre à déléguer.

Comment commencer

Par l'usage, et sur votre propre travail plutôt que sur des exercices. Prenez une tâche que vous faites déjà bien et cherchez à la faire deux fois plus vite sans perte de qualité. Vous verrez immédiatement où l'outil aide et où il vous fait perdre du temps.Une fois cette étape passée, la suite consiste à brancher vos outils entre eux plutôt qu'à copier-coller. Des protocoles comme le SEO MCP permettent à un assistant d'aller chercher vos données directement, et Ask Ahrefs répond à une question métier sans passer par un export.

9. Lire et interroger les données

En 2026, cette compétence n’est plus une option, et c'est ce que confirment les deux sources citées plus haut. Le Forum économique mondial maintient la pensée analytique en tête des compétences de fond, et l'Apec constate que la valeur ajoutée des cadres marketing se redéploie précisément vers l'analyse.Attention au malentendu : il ne s'agit pas de devenir data scientist. L'Apec note d'ailleurs que les besoins de formation exprimés par les entreprises portent sur des compétences transversales, pas techniques. Il s'agit de savoir poser une bonne question à un jeu de données et de reconnaître une réponse douteuse.

Le niveau réellement attendu

Lire un tableau de bord et repérer ce qui est anormal
Écrire un modèle prédictif
Distinguer une corrélation d'une cause
Coder en Python ou en R
Savoir quel indicateur répond à quelle question
Construire une architecture de données
Repérer qu'un chiffre est trop beau pour être vrai
Maîtriser un entrepôt de données
Raconter ce que la donnée dit, en une phrase
Produire des visualisations complexes

La dernière ligne est la plus sous-estimée. Une analyse qu'on ne sait pas raconter ne sert à personne, et c'est précisément là que se rejoignent la compétence numéro 1 de cette liste et la numéro 9 : savoir écrire reste la façon la plus efficace de faire exister un résultat.

Comment commencer

Sur vos propres chiffres, pas sur un jeu de données d'exercice. Ouvrez l'outil d'analyse de votre site, par exemple Web Analytics, et donnez-vous une question par semaine à laquelle répondre : quelle page a le plus progressé, d'où viennent les conversions, quelle source s'est effondrée et pourquoi.Au bout de trois mois, vous aurez développé le seul réflexe qui compte vraiment : vous méfier des chiffres avant de les croire.

Comment vous entraîner et améliorer vos compétences en marketing

Dans Ultralearning, l’auteur Scott Young expose un concept qu’il appelle la manière directe. Cela consiste à savoir comment vous allez utiliser la compétence que vous apprenez. Puis vous entraîner à l’utiliser dans des situations spécifiques.

On le comprend facilement pour certaines activités. Pour apprendre à faire des pompes, il faut… faire des pompes. Cela dit, lorsque l’on arrive sur des sujets comme le marketing, nous sommes nombreux à abandonner l’approche directe pour tenter des alternatives. Comme passer des heures à lire des articles pour se convaincre “qu’on apprend”. Ce n’est pas que vous, je plaide coupable aussi.

Apprendre le copywriting ? Écrivez. L’outreach ? Envoyez des emails.

Si votre emploi le permet, mettez en place cette approche au travail. Si par exemple vous voulez apprendre le copywriting, portez-vous volontaire pour rédiger un article pour le blog de votre entreprise. Peut-être que vous pouvez proposer des suggestions pour améliorer le texte de la home page du site. Si vous êtes déjà un créateur de contenu, voyez si vous ne pouvez pas inclure de nouvelles méthodes de rédaction que vous êtes en train d’apprendre dans votre processus.

S’il est plutôt compliqué d’appliquer tout cela à votre travail, pas d’inquiétude. Créez un site sur votre temps libre, et servez-vous-en pour vous entraîner.

Attention, je ne vous dis pas qu’il ne faut pas lire et vous renseigner pour apprendre. C’est une excellente pratique, très saine pour s’améliorer. Mais passer tout son temps à consommer du contenu, ce n’est pas s’entraîner. On peut toujours trouver le temps de lire.

Une précision sur les compétences

Tous les débats sur les compétences marketing finissent par soulever la question : est-ce qu’on doit être un spécialiste ou un généraliste ?

Tout comme le débat sur quelle compétence on doit acquérir, je ne pense pas qu’il y ait une “bonne réponse”. Tout se résume à ce que vous voulez faire de votre carrière.

Si vous cherchez la réussite financière, il faut sans doute choisir l’approche de la spécialisation comme le défend Kevin Indig :

Augmenter la valeur de son travail est plus facile en tant que spécialiste qu’en tant que généraliste. Vous pouvez plus facilement et rapidement nouer des liens avec d’autres acteurs de votre marché, car il est plus restreint. Vous pouvez vous concentrer sur l’apprentissage de compétences pointues sur un seul point plutôt que sur beaucoup de connaissances moins poussées sur un grand nombre de sujets. Les “soft skills”, compétences non techniques, sont nécessaires à tous les niveaux, mais bien plus importantes pour les managers. Ce sont de bonnes raisons pour commencer en tant que spécialiste.
Kevin Indig
Kevin Indig, Director of SEO Shopify

Développez un cercle de compétence et concentrez-vous dessus.

Si vous voulez avoir un poste de manager, vous devrez sans doute considérer un profil “T-shaped marketer”, littéralement en forme de T, qu’on appelle parfois compétences transverses.

Vous pourriez même vouloir aller plus loin et exceller en deux (π-shaped) ou trois (M-shaped) domaines du marketing.

Enfin, une autre manière de déterminer quelles sont les compétences à acquérir est de créer un ensemble de compétences que seuls vous possédez. C’est une idée rendue populaire par Scott Adam, auteur de Dilbert.

Si vous parvenez à maîtriser plusieurs compétences qui sont rarement vues ensemble, vous êtes en mesure de vous créer une niche spécifique qui vous rendra unique, donc augmentera votre valeur.

Tim Ferris développe plus le concept dans cette vidéo :

Ce débat a été tranché par l'IA, et pas dans le sens qu'on croit. L'argument courant veut que les outils rendent tout le monde généraliste, donc que le profil en T soit devenu la norme. C'est exact pour la barre horizontale : n'importe qui peut aujourd'hui produire un visuel correct, un script vidéo acceptable ou une analyse de surface.Mais c'est précisément ce qui redonne de la valeur à la barre verticale. Quand la largeur devient gratuite, seule la profondeur se paie. Un profil uniquement large est devenu difficile à distinguer d'un profil débutant équipé des mêmes outils. La conclusion pratique rejoint donc celle de Kevin Indig, avec cinq ans d'avance sur son époque : commencez par creuser un domaine.

Conclusion

Il n’existe pas de compétences de marketing que vous “devez” maîtriser pour réussir.

Les compétences dont vous allez avoir besoin ou voudrez apprendre vont finalement dépendre de votre rôle, de vos intérêts et de vos facilités.

Celles que j’ai partagées ici sont celles qui, je l’estime, m’ont permis d’en arriver là où je suis aujourd’hui. J’espère que cela vous aura parlé et donné des idées sur comment se lancer.

Vous avez des questions ? Je suis sur Twitter.

Questions fréquentes :

Quelles sont les compétences marketing les plus demandées en 2026 ?

Le Forum économique mondial place l'IA et le big data en tête des compétences dont la demande croît le plus vite, tout en maintenant la pensée analytique comme première compétence de fond, jugée essentielle par sept employeurs sur dix. Côté marketing spécifiquement, l'Apec observe un redéploiement de la valeur vers l'analyse, la personnalisation et la stratégie de relation client.

Faut-il savoir utiliser l'IA pour travailler en marketing ?

Ce n'est pas encore un critère de filtrage explicite, mais cela le devient vite. Selon l'Apec, 2 % des offres d'emploi cadre de la fonction commercial-marketing mentionnaient l'IA en 2025, contre 0,8 % en 2022. À titre de comparaison, la part est de 3 % sur l'ensemble des offres de cadre : mentionner l'IA dans une annonce reste rare partout. Attention toutefois, ne pas la mentionner ne veut pas dire ne pas l'attendre.

L'IA remplace-t-elle les compétences en copywriting ?

Elle remplace la production de texte, pas le jugement sur le texte. Un modèle écrit vite et correctement, mais il ne sait pas ce qu'il faut dire à un marché qu'il ne connaît pas, et il ne perçoit pas qu'une accroche sonne faux. Un marketeur qui n'a jamais appris à écrire ne verra pas ce qui cloche dans ce que l'outil lui propose. L’IA ne doit pas être vu comme un remplaçant à qui on confie tout aveuglément mais plutôt à un assistant de travail. C’est exactement comme ça que nous avons pensé Letaido chez Ahrefs.

Quelle est la compétence marketing la moins menacée par l'IA ?

Le réseautage. C'est la seule de cette liste que l'IA ne touche ni pour l'assister ni pour la remplacer, et elle gagne même mécaniquement en valeur : à mesure que la production devient abondante, la confiance devient le principal filtre. On ne demande pas à un modèle de recommander quelqu'un, on le demande à une personne.

Vaut-il mieux être spécialiste ou généraliste en marketing ?

La spécialisation, plus qu'avant. Les outils rendent la polyvalence accessible à tout le monde : produire un visuel correct ou une analyse de surface ne distingue plus personne. Quand la largeur devient gratuite, seule la profondeur se paie. Un profil uniquement large devient difficile à distinguer d'un débutant équipé des mêmes outils.

Qu'est-ce que l'AEO et faut-il l'apprendre ?

L'AEO, pour Answer Engine Optimization, désigne le travail de visibilité dans les réponses générées par les moteurs et les assistants. Ce n'est pas une discipline séparée du SEO : les leviers sont les mêmes, à savoir un contenu clair et une source que d'autres citent. Ce qui change est la surface d'affichage et la façon de mesurer sa visibilité.

Comment apprendre le marketing quand on débute ?

Par la pratique directe plutôt que par la lecture, et sur un projet réel. Créez un site, écrivez, envoyez des emails, testez. Attention à une illusion nouvelle : obtenir un bon résultat en trois minutes avec un outil d'IA donne le sentiment d'avoir acquis une compétence, alors qu'on a seulement acquis un résultat. Le test est de savoir refaire le travail sans l'outil.

Faut-il apprendre à coder pour faire du marketing data ?

Non, et c'est un malentendu courant. L'Apec relève que les besoins de formation exprimés par les entreprises portent sur des compétences transversales, pas techniques. Le niveau attendu consiste à lire un tableau de bord, distinguer une corrélation d'une cause, savoir quel indicateur répond à quelle question et raconter le résultat en une phrase.

Portrait de Si Quan Ong
Publié parSi Quan Ong

Service Marketing @ Ahrefs. Projet d’apprentissage en cours : coréen. Je résume également des livres sur mon blog perso.