
Auteur invité
À chaque nouvel article, je recommençais le même rituel avec Claude. Je lui réexpliquais les règles de ton, les tournures à bannir (avec le tiret cadratin en tête de liste), les exemples à imiter et ceux à fuir... J'avais une consigne un peu différente à chaque fois, et donc un résultat un peu différent à chaque fois.
Les compétences Claude (ou « Claude Skills ») règlent ce problème. Le principe : vous consignez votre procédure une seule fois, puis Claude l'applique dès que vous le demandez. Sans tout réexpliquer. Sans dérive.
Si vous voulez faire respecter une charte éditoriale, transformer un brief en plan d'article, réécrire un contenu dans un ton précis ou décliner un article en publications pour les réseaux sociaux, les compétences de Claude vont vraiment vous changer la vie. Une fois que votre savoir-faire est enregistré, il est ensuite réutilisable à volonté.
Dans ce guide, je vous explique tout ce qu'il faut savoir sur les compétences de Claude pour que vous puissiez créer les vôtres.
Une compétence Claude est un ensemble d'instructions enregistré et réutilisable que Claude déclenche automatiquement dès qu'il reconnaît la tâche.
Un prompt est une instruction ponctuelle. Vous le tapez, Claude répond puis l'instruction s'évapore. La fois suivante, vous la retapez ou vous l'enregistrez comme modèle et vous la recollez. Dans les deux cas, c'est à vous de vous rappeler qu'elle existe, de la retrouver et de la remettre sous les yeux de Claude.
Une compétence va plus loin que ça. Ici, vous rédigez la procédure une seule fois. Claude lit ensuite votre demande, détermine quelle compétence s'applique (s'il y en a une) et l'applique. C'est tout ! Pas besoin de passer par un menu ou un copier-coller : il suffit de décrire la tâche avec vos mots et la procédure enregistrée se déclenche d'elle-même.
Niveau format, on se place sur une norme ouverte qu'Anthropic appelle Agent Skills. C'est exactement le même format qui alimente les compétences intégrées à Claude Code. La compétence que vous écrivez aujourd'hui n'est donc pas prisonnière de Claude : elle fonctionne partout où un modèle a accès à un système de fichiers.
Une compétence, c'est un dossier. À l'intérieur, il y a un fichier nommé SKILL.md : c'est du markdown avec un bloc YAML en tête de fichier puis des instructions en langage naturel en dessous.
L'en-tête (le « frontmatter ») a deux rôles : il nomme la compétence puis il la décrit à Claude.
La description que vous lisez ensuite est le déclencheur (ou « trigger ») : c'est ce que Claude lit pour décider si votre demande correspond bien à cette compétence. C'est aussi la seule partie que Claude voit par défaut. Elle doit donc être précise et efficace dès la première phrase.
Sous l'en-tête, vous écrivez toute la procédure : les étapes, les règles, les exemples, tout ce que la tâche exige pour être menée à bien.
Le dossier peut aussi contenir des fichiers annexes, comme des références de style, des listes de contrôle ou des modèles. Claude ne les ouvre que si la compétence en cours d'exécution le demande. C'est ce qu'on appelle le chargement progressif (« progressive disclosure ») et cela permet de rendre les compétences peu coûteuses. Il fonctionne sur trois niveaux :
Grâce aux compétences, vous évitez de tout entasser dans un seul prompt géant. À la place, vous confiez à Claude un kit structuré de sorte que le coût en jetons (tokens) reste nul tant qu'on n'en a pas vraiment besoin. Et ça change sincèrement la donne.
Le dossier se place dans .claude/skills/<nom-du-skill>/SKILL.md, au sein de votre projet. Vous le déposez là, vous lui donnez un nom clair et la compétence pourra rester active. Pour celles que vous voulez disponibles dans tous vos projets, utilisez plutôt ~/.claude/skills/.
Pas besoin d'être développeur pour créer une compétence Claude ! Pour vous aider, Anthropic a publié une compétence appelée skill-creator dans son dépôt public.
Installez-la puis laissez-la vous accompagner dans la création d'une compétence. Elle commence par vous interroger sur la tâche, rédige le SKILL.md pour vous et met en place toute l'arborescence de dossiers. En revanche, je vous conseille quand même de vous pencher sur la compréhension du fichier : le jour où la compétence bug ou part dans tous les sens, vous devez être capable de la corriger.
Si vous vous entêtez à vouloir créer une compétence qui couvre toutes vos tâches, c'est le meilleur moyen de perdre votre après-midi ! Pour démarrer, choisissez seulement une tâche qui remplit ces deux critères :
Pour moi, c'était d'appliquer la même charte éditoriale d'un client à chaque nouvel article. Je devais tout le temps lui rappeler le ton, la structure, les tournures interdites… Je partais donc toujours des mêmes données de départ, ce qui m'amenait aux mêmes arbitrages et aux mêmes résultats.
Si vous n'êtes pas capable d'expliquer clairement (en une phrase) à quoi ressemble un bon résultat, c'est que la compétence n'est pas prête. Commencez par la muscler en conversation.
La description est la seule chose que Claude lit pour décider s'il déclenche votre compétence. Elle doit donc répondre à trois questions :
Rôle | Exemple |
|---|---|
Ce que fait le skill | Générer le plan d'un article dans la structure souhaitée |
Quand l'utiliser | Dès que l'utilisateur demande un plan, une structure ou des titres de sections |
Phrases déclencheuses | « plan », « structure pour », « les grandes lignes de », « titres Hn »… |
Écrivez toutes les phrases déclencheuses de la même façon que VOUS demandez la tâche. Si vous avez l'habitude de dire « donne-moi la structure d'un article sur… » alors que la description ne connaît que le mot « plan », rien ne va se déclencher.
Pour que ce soit encore plus clair, je vais vous donner deux autres exemples :
La plupart des gens se trompent en rédigeant le corps de la compétence. Ils écrivent « respecte ma tonalité » et s'attendent à ce que ça suffise. Spoiler : ça ne suffit pas. Avec des instructions aussi vagues, vous obtenez forcément un résultat vague.
J'ai donc réuni quatre astuces qui, elles, fonctionnent :
Le modèle ne sait pas à quoi ressemble votre « résultat idéal » : c'est la seule chose que le corps de la compétence doit réussir à encoder.
Tout ce qui alourdit la procédure principale (les longues références de style, les bibliothèques d'exemples, les listes d'URL de concurrents, la documentation d'API) se place dans un fichier à part, dans le dossier de la compétence. Ces fichiers sont référencés depuis le SKILL.md, mais pas directement collés dedans.
Le chargement progressif fait le reste : le fichier lié ne se charge que lorsque la compétence en a besoin et son coût en tokens reste nul tant qu'on ne s'en sert pas.
Si une compétence se déclenche sans cesse là où elle ne devrait pas, ou si son exécution a des conséquences que vous voulez maîtriser de bout en bout, réglez disable-model-invocation: true dans l'en-tête. Ainsi, Claude ne la déclenchera plus de lui-même.
Vous devez alors la lancer manuellement avec « / » suivi de son nom (par exemple /outline). C'est très pratique si vous avez une compétence de déploiement, une compétence de publication vers un CMS, une compétence qui envoie un message Slack : bref, tout ce que vous ne voulez pas voir un modèle décider d'exécuter seul.
Une compétence combine deux choses : l'expertise que vous avez encodée dans la procédure et les données auxquelles cette procédure peut accéder.
Le markdown prend environ 10 minutes. Mais mettre des mots sur ce que vous faites vraiment quand vous montez un brief de contenu (les arbitrages, les règles que vous n'avez jamais écrites, ce que vous écartez sans même y penser) prend le reste d'une carrière. Puis la brancher à des données SERP en temps réel, à votre CMS et à votre guide de style, c'est encore un autre chantier.
Prenez mon article sur la rédaction de contenu IA avec Claude Code. Là-dedans, j'ai expliqué comment Ryan Law, le directeur du marketing de contenu d'Ahrefs, a bâti un enchaînement de plusieurs compétences (ce qu'il appelle du content engineering) pour générer des articles prêts à être publiés en moins de 12 minutes.
Le plus frappant, c'est de voir où le travail s'est réellement concentré. Un commentaire sur LinkedIn l'a très bien résumé :
« Les fichiers SKILL de Ryan sont bons parce que Ryan savait déjà quoi mettre dedans. La plupart des gens qui utilisent des outils en partant de zéro n'ont pas 13 ans d'expérience éditoriale sur laquelle s'appuyer. Le fossé ne se creuse donc pas seulement avec l'outil. Il est aussi dans la personne qui se trouve derrière. »
Avec 13 ans d'expertise éditoriale d'un côté, et le MCP Ahrefs branché de l'autre pour que les compétences tirent de vraies données au lieu de les halluciner, le markdown à rédiger n'était qu'une formalité.
Et clairement, c'est aussi ce que j'observe en rédaction SEO/GEO en France. On fait rapidement la différence entre les rédacteurs de contenu qui s'appuient à fond sur ce que leur donne l'IA et ceux qui vont pousser la réflexion plus loin, en apportant à la machine une vraie expertise métier. C'est aussi comme ça qu'on distingue le contenu IA bâclé et celui qui s'avère bien ficelé.
Vous pouvez tout construire vous-même, si vous en avez les compétences (haha) et l'expérience. Sinon, appuyez-vous sur ce qui existe déjà.
Claude Code intègre d'origine des compétences prêtes à l'emploi, disponibles dans chaque session : /batch, /claude-api, /debug, /loop et /simplify. Elles fonctionnent dès l'installation. Anthropic a aussi publié un dépôt public de compétences que vous pouvez copier et adapter, et des annuaires communautaires commencent à apparaître. Vous pouvez d'ailleurs brancher les données d'Ahrefs directement dans Claude grâce au connecteur Ahrefs officiel.
Pour le SEO et le marketing, je vous conseille aussi de passer par Letaido. C'est un agent IA doté d'un accès complet et sans restriction aux données d'Ahrefs, avec des intégrations aux grands outils du marché comme Notion, HubSpot, WordPress, Slack ou encore la Google Search Console.
Décrivez ce que vous voulez (les outils, les rapports, les applications, les tableaux de bord et, oui, les compétences) puis Letaido les conçoit, les rédige et les déploie. Il est intégré à votre espace de travail, se souvient des décisions prises ensemble et reste cantonné à vos données et à vos outils.
Ahrefs possède aussi sa propre bibliothèque de compétences pour le marketing, sélectionnée par une équipe d'experts et affinée selon de vrais projets. Par exemple, vous pouvez :
Letaido repose sur le même format SKILL.md que Claude Code. Même si vous avez déjà une bibliothèque de compétences construite dans Claude Code, vous pouvez donc la transférer vers Letaido sans difficulté.
Le format des compétences est plus important qu'il n'en a l'air. Et franchement ? Une fois que vous réussissez à maîtriser ça, votre productivité avec Claude n'en sera que meilleure. Plus besoin de tout réexpliquer à chaque prompt : une fois que vous avez construit 3 ou 4 compétences autour de vos tâches quotidiennes, tout devient bien plus fluide !
Je vous propose d'écrire votre première compétence cette semaine. Choisissez une tâche que vous faites très souvent et pour laquelle vous avez marre de réexpliquer la procédure exacte. Lancez skill-creator ou décrivez-la à Letaido et laissez l'IA rédiger, installer et tester la compétence à votre place. Cela ne vous prendra que 15 minutes à tout casser.
La prochaine fois que la tâche se présentera, vous saurez si vous avez vraiment construit quelque chose qui tient la route ou si vous avez juste fabriqué un prompt un peu plus élaboré. Et même dans ce dernier cas, ce n'est pas grave : il suffit de repasser dessus, en l'affinant petit à petit, jusqu'à obtenir ce que vous recherchez !
Des questions sur les compétences de Claude et vos processus de travail ? Retrouvez-nous sur LinkedIn et n'hésitez pas à jeter un œil à notre chaîne YouTube Ahrefs FR.

Rédactrice en cheffe chez BASH, agence web à Lille, Hélène crée des contenus SEO depuis plus de 15 ans. Elle accompagne les marques dans leur stratégie de contenu en combinant SEO et optimisation pour l'IA conversationnelle (AIO). Spécialisée en marketing digital, elle traduit les concepts techniques en contenus accessibles qui performent aussi bien dans Google que dans ChatGPT ou Claude, sans oublier le cœur de cible : le lecteur. À part écrire et le web, elle coud, jardine et s'essaie au piano.