Mêler le produit et le marketing n’était pas une pratique courante à l’époque. Le premier responsable marketing de DropBox, Sean Ellis, a donné un nom à cette stratégie : “Growth Hacking” (hacking de croissance).
Une autre professionnel du marketing, Andrew Chen, a commencé à appeler les growth hackers comme les “nouveaux responsables du marketing”. Au vu du succès de Facebook et de sa propre équipe de growth, beaucoup de grandes entreprises de la tech comme Uber, Airbnb et Pinterest ont commencé à concevoir et développer la discipline connue sous le nom de growth marketing.
Et en 2026, le growth marketing n’est plus une discipline réservée à la Silicon Valley. Le marché mondial des outils growth pèse maintenant plus de 12 milliards de dollars (CB Insights 2026), et 78% des startups SaaS B2B ont au moins un growth marketer dans leur équipe (OpenView 2026 SaaS Benchmarks). En France, des entreprises comme Qonto, Doctolib, Spendesk et Aircall ont structuré leur croissance autour de cette approche.
Voici ce que vous allez apprendre dans cet article :
- Qu’est ce que le growth marketing ?
- En quoi le growth marketing est-il important ?
- Comment fonctionne le growth marketing ?
- Est-ce que le growth marketing convient à votre entreprise ?
- L’alternative : le marketing avec une approche concentrée sur le growth
- Growth marketing vs marketing traditionnel vs performance marketing
- Les 7 KPIs incontournables du growth marketing en 2026
- Le framework AARRR des growths marketeurs à connaître
- Les meilleurs outils de growth marketing en 2026
- IA et growth marketing : ce qui change vraiment
- Comment démarrer un programme growth marketing en 30 jours ?
- 4 erreurs qui plombent une stratégie de growth marketing
Le growth marketing est une approche holistique et “data-driven” (basée sur les données) du marketing. Il se concentre sur l’entièreté de l’entonnoir marketing (et pas seulement le haut) et applique la méthode scientifique : formuler des hypothèses, les tester et les raffiner ou les éliminer.
Initialement connu sous le nom de growth hacking, Sean voulait que ce terme signifie “ génération d’idées créatives et collaboratives capable de résoudre des problèmes épineux”.
Cependant, les growth marketeurs qui ont suivi se sont trop concentrés sur la partie “hacking”, pensant que c’était la solution magique pour régler des problèmes. Le terme “growth marketing” a été remis en avant pour redorer le blason de la discipline.
En une phrase à retenir : le growth marketing, c’est de la science appliquée au marketing. On formule une hypothèse, on la teste sur un échantillon, on mesure, on garde ce qui marche et on jette ce qui ne marche pas. Le tout sur la totalité du parcours client, du premier clic à la recommandation.
Le marketing traditionnel présente deux problèmes principaux :
- La collaboration inter-équipes est (presque) inexistante
- Les équipes marketing n’ont souvent aucune idée de ce qui fonctionne ou non
Voyons cela plus en détail.
1. La collaboration inter-équipes est (presque) inexistante
Les entreprises structurent souvent les équipes par couches selon les étapes de l’entonnoir marketing.

En règle générale :
- L’équipe marketing se charge du haut de l’entonnoir : intérêt et notoriété
- L’équipe commerciale s’occupe du revenu : considération et conversion en client
- L’équipe produite gère la rétention : loyauté et promotion de marque coté client
Ensuite, chaque équipe s’appuie sur une mesure pour juger du succès de leur étape de l’entonnoir; Mais le problème est que les équipes optimisent ces mesures… aux dépens des uns des autres.
Par exemple, un objectif classique d’une équipe marketing est le nombre de leads. Mais ils peuvent être de mauvaise qualité, ce qui va avoir un impact sur les autres équipes (des leads de mauvaises qualité vont être plus difficiles à convertir et à retenir)
Ce n’est qu’un seul des problèmes. Un autre est que ces équipes communiquent et collaborent assez rarement entre elles. Dans ces situations, l’équipe produit peut par exemple rater l’opportunité de profiter de l’expertise de l’équipe marketing pour mettre en avant de nouvelles fonctionnalités. Ce siloing d’équipements est l’une des raisons pour laquelle le programme de parrainage innovant de DropBox n’aurait pas pu avoir lieu dans la plupart des autres entreprises.
Le growth marketing attaque ce sujet en se concentrant sur toutes les étapes de l’entonnoir.
2. Les équipes marketing n’ont souvent aucune idée de ce qui fonctionne ou non
Le marketing traditionnel est difficile à mesurer. Le célèbre marchand américain John Wanamaker a un jour blagué : “La moitié de l’argent que je dépense en publicité est du gâchis. Le problème c’est que je ne sais pas quelle moitié.”
Avec très peu d’idées de ce qui fonctionne, les professionnels du marketing devaient concevoir des campagnes et tactiques basées sur l’instinct et des suppositions qu’ils espéraient éclairées. Cela a créé l’envie d’avoir une méthodologie claire, qui pourrait produire des idées d’expérience, de mesurer leur succès et de rediriger ou éliminer les ressources de celles qui ne fonctionnent pas.
Cette méthodologie, c’est le growth marketing.
Selon Hacking Growth, le livre de Sean, les éléments fondamentaux du growth marketing sont :
- La création d’une équipe complémentaire qui va combiner marketing et produit
- L’utilisation de recherche de qualités, de données quantifiables et analysables (pour avoir de véritables informations sur le comportement client)
- La génération et le test d’idées (et l’utilisation de mesures pour évaluer leur succès)
1. Création d’une équipe complémentaire (interfonctionnelle)
Comme l’objectif d’une équipe de growth marketing est de travailler sur tout l’entonnoir, elle a besoin de plus que de personnes avec des compétences marketing. Sean suggère la bonne composition d’une équipe comme la suivante :
- Growth lead (responsable de croissance), choisit sur quelle partie se concentre (n’importe quelle partie de l’entonnoir), sélectionne les mesures à suivre et gère les équipes
- Responsable produit, gère le produit et ses changements
- Développeur, travaille sur les produits et mène les expériences
- Spécialiste marketing, comprend les différents canaux marketing et comment mener des expériences
- Data analyst (analyste de données), conçoit les expériences, extrait les données et donne ses analyses
- Concepteur produit, travaille sur le produit pour qu’il offre une meilleure expérience
2. Recherches qualitatives et données quantitatives
Les données sont la clé du processus de growth marketing. Il faut pouvoir y accéder et les analyser facilement. Elles doivent bien sûr être précises.
Sean écrit :
Il est essentiel que votre équipe ait des données sur toutes les étapes de l’expérience client. Bien au-delà d’à quelle fréquence ils visitent votre site et combien de temps ils y restent. Ces données doivent être analysées à un niveau granulaire pour identifier de quelle manière les utilisateurs de votre produit s’en servent par rapport à ce que vous aviez prévu dans sa conception.Cela veut dire que les marketeurs, data scientist et ingénieurs de votre équipe doivent travailler ensemble pour ajouter le bon suivi sur vos sites, applications mobiles, systèmes de point de vente, d’email marketing et bases de données clients.
Une fois qu’une bonne méthode de suivi est mise en place, les multiples sources d’information doivent être liées ensemble pour vous donner une vision solide et détaillée du comportement utilisateur qui va pouvoir être analysée par votre équipe data.
Il vous faut créer ce que l’on appelle souvent un data lake/data warehouse (littéralement lac de données, entrepôt de données NdT) : un seul et unique endroit où toutes les informations client sont stockées et dans lequel vous pouvez plonger pour déterminer des groupements distincts d’utilisateurs qui peuvent avoir utilisé votre produit d’une manière différente des autres.
3. Génération et test d’idées
Les équipes de growth marketing mènent ce qu’on appelle le cycle de growth hacking

Voici comment fonctionne le processus :
- Analyser. Le responsable growth travaille avec les data analysts pour dénicher de nouvelles opportunités de croissance. Cela peut être dans n’importe quelle étape de l’entonnoir sur lequel ils veulent se focaliser. Par exemple, cela peut être l’analyse des évènements ou pages qui cause l’abandon du client (le churn).
- Conceptualiser. Les membres de l’équipe de growth marketing (dont le responsable produit, ingénieur logiciel etc) contribuent à l’idée en donnant des clés sur la manière d’améliorer cette partie du parcours.
- Prioriser. Les idées sont notées selon la méthode ICE : Impact, Confiance, facilité d’Exécution.
- Tester.L’expérience est menée à bien, les résultats sont analysés après une période donnée.
Et le cycle se répète.
En 2026, la méthode ICE reste utile pour débuter, mais la plupart des équipes growth sérieuses ont basculé sur RICE (Reach, Impact, Confidence, Effort) ou PIE (Potential, Importance, Ease). RICE rajoute la portée, donc évite de prioriser une optimisation qui touche 50 utilisateurs au lieu d’une qui touche 50 000.
Le growth marketing fonctionne, ça ne fait aucun doute. Beaucoup d’entreprises ont connu le succès grâce à cela : Facebook, Twitter, DropBox et Airbnb sont les exemples les plus connus.
Cela dit, en y regardant de plus près, on réalise rapidement que la plupart des entreprises qui ont créé un programme de growth marketing à succès ont typiquement :
- Une finalité BtoC
- Levé beaucoup d’argent
- Des produits qui peuvent devenir viraux : plus d’utilisateurs attirent plus d’utilisateurs
Pour la plupart des petites entreprises, le growth marketing est hors de portée. Lars Lofgren, qui a mis en place lui-même beaucoup d’équipes de growth l’explique dans son article. Voici un bref résumé :
- Les équipes de Growth ont un potentiel de revenus limité. Il y a un maximum au-delà duquel on ne peut pas convertir plus. Est-ce que dépenser de l’argent pour optimiser ces taux en vaut la peine ?
- Les probabilités sont difficiles à comprendre. La plupart des gens ne comprennent pas bien les probabilités et les statistiques, ce qui finit par fausser les expériences. De mauvaises expériences donnent de mauvais résultats, donc mènent à de mauvaises décisions.
- La plupart des entreprises n’ont pas assez de données. Il faut un certain volume de données pour des tests précis, la plupart des entreprises ne l’ont pas.
- Les équipes de growth sont trop chères. La somme d’argent nécessaire pour monter une équipe de growth pourrait facilement vous permettre de créer un blog qui se positionne bien sur Google et générer des tonnes de trafic organique.
Mais si le growth marketing n’est pas fait pour votre entreprise, que faire à la place ?
Lars a écrit dans son article :
“Un canal marketing bien mis en place sur la durée peut vous offrir une croissance X10. Dans le meilleur des cas, une growth team qui va optimiser votre entonnoir vous apportera un X3. Je préfère passer du temps sur une stratégie X10 qu’une stratégie X3”
C’est exactement ce que nous avons fait chez Ahrefs.
Notre principal canal d’acquisition client est le marketing de contenu (content marketing). Nous produisons régulièrement du contenu pour notre blog et notre chaîne YouTube. Au fil des années, nous avons continué à renforcer ce canal et à investir dessus.
Si rien de ce que nous faisons est réellement unique, nous avons ajouté une subtilité dans notre stratégie de marketing de contenu. Tout comme le growth marketing, notre contenu est concentré sur tout l’entonnoir marketing. Plutôt que d’avoir plusieurs types de contenu qui s’attaquent chacun à une étape, chaque contenu permet de :
- Convertir de nouveaux clients
- Générer de l’intérêt pour notre produit en instruisant les clients sur ce qu’il permet de faire
- Retenons nos clients en leur expliquant comment mieux se servir de notre produit
Voici un exemple, le link building est un sujet très recherché, environ 310000 requêtes mensuelles sur Google :

Il est également impossible de faire du link building sans un outil de recherche de backlinks, quelque chose que nous proposons. Donc dans notre guide du link building, nous parlons naturellement de notre produit :

Ce contenu à lui seul touche toutes les étapes de l’entonnoir :
- Acquérir de nouveaux leads et clients. En nous positionnant sur un sujet que beaucoup d’utilisateurs cherchent sur Google, nous obtenons du trafic constant et par conséquent, des leads.
- Générer de l’intérêt pour notre produit. Notre contenu apprend à nos prospects comment construire des liens et y parvenir avec notre produit.
- Retenir les clients. Notre contenu va aussi apprendre aux clients déjà existants à construire des liens grâce à notre produit.
Comment nous y parvenons ? Voici une rapide explication de notre stratégie :
1. Ciblez des sujets avec un bon potentiel de trafic
Pour vous positionner sur Google, vous devez cibler des sujets que des utilisateurs cherchent. Vous pouvez les trouver grâce à un outil de recherche de mot-clé comme l’Explorateur de mots-clés Ahrefs.
Entrez un mot-clé pertinent, et vous allez générer des milliers d’idées.

Ensuite, réduisez la liste en utilisant la technique du “potentiel commercial”

Cela va vous permettre de vous concentrer sur des sujets qui attirent la croissance, mais des mesures de vanité comme le trafic.
2. Créez du contenu de qualité qui mérite de ranker
Pour se positionner en haut de Google, vous devez concevoir du contenu qui mérite de ranker. Regardez cette vidéo pour apprendre comment.
3. Faites la promotion de votre contenu
Vous contenter de publier du contenu ne veut pas dire qu’il va être automatiquement découvert. Il faut l’aider et le montrer à des personnes que le sujet intéresse. Faites la promotion de votre contenu en suivant cette checklist.
Growth marketing vs marketing traditionnel vs performance marketing
Trois approches qui se confondent souvent. Voici comment les distinguer :
Marketing traditionnel
Focus : notoriété et image de marque, haut de l’entonnoir.
Métriques : impressions, reach, brand awareness.
Horizon : long terme (6 à 18 mois pour mesurer).
Exemples : pub TV, affichage, sponsoring d’événements…
Performance marketing
Focus : conversion immédiate, milieu et bas de l’entonnoir.
Métriques : CPA, ROAS, CTR.
Horizon : court terme (résultats sous 30 jours).
Exemples : Google Ads, Meta Ads, retargeting…
Growth marketing
Focus : tout l’entonnoir, du premier touch à la recommandation.
Métriques : LTV, CAC, viral coefficient, retention, North Star Metric.
Horizon : itérations rapides (cycles de 1 à 4 semaines).
Exemples : programme de parrainage Dropbox, freemium Notion, onboarding Loom…
La différence clé : le growth marketing inclut le produit. Un growth marketer peut décider de changer un bouton dans le produit, pas seulement de lancer une nouvelle pub. C’est ce qui le distingue du performance marketer pur.
Les 7 KPIs incontournables du growth marketing en 2026
Si vous ne mesurez pas, vous ne pilotez pas. Voici les 7 KPIs incontournables du growth marketer en 2026 :
- CAC (Customer Acquisition Cost) : Le CAC représente coût total de vos efforts marketing et commerciaux divisé par le nombre de clients acquis sur une période donnée.
- LTV (Lifetime Value) : chiffre d’affaires qu’une entreprise peut attendre d’un client pendant toute leur relation.
- CAC Payback Period : combien de mois pour récupérer le CAC. Cible : moins de 12 mois en SaaS, moins de 6 mois en e-commerce.
- MRR (Monthly Recurring Revenue) : mesure le montant total des revenus prévisibles et constants qu’une entreprise peut s’attendre à recevoir chaque mois.
- Activation rate : reflète directement l’efficacité avec laquelle votre produit tient ses promesses en vous indiquant combien d’utilisateurs en perçoivent la valeur.
- Viral coefficient (K-factor) : nombre moyen de nouveaux utilisateurs amenés par chaque utilisateur. K > 1 = croissance virale auto-entretenue.
- North Star Metric (NSM) : la métrique unique qui résume la valeur livrée. Exemples : Spotify = Le temps d’écoute total. Airbnb : le nombre de nuits réservées par année.
Désormais, ces indicateurs marketing ne doivent plus vous faire peur !
Le framework AARRR des growths marketeurs à connaître
AARRR est l’acronyme inventé par Dave McClure (500 Startups) pour structurer le funnel growth. Il a remplacé les funnels marketing classiques chez la plupart des équipes growth.
Les 5 étapes du framework AARRR sont :
- Acquisition : comment les utilisateurs vous trouvent ? (SEO, ads, social, bouche-à-oreille)
- Activation : ont-ils une bonne première expérience ?
- Retention : reviennent-ils utiliser le produit ?
- Revenue : payent-ils ? Combien et combien de temps ? (LTV, MRR)
- Referral : recommandent-ils ? (viral coefficient, NPS, taux de parrainage)
Variation moderne : AAARRR en ajoutant Awareness en amont (les gens vous connaissent-ils avant l’acquisition ?). Utilisée chez Stripe, Notion, Linear.
Comment l’utiliser concrètement : passez 2 heures à mesurer chacune des 5 métriques chez vous aujourd’hui. La plus faible est votre goulet d’étranglement. Concentrez 80% de vos efforts growth dessus pendant 3 mois.
Les meilleurs outils de growth marketing en 2026
Les outils destinés au Growth Marketing changent et évoluent chaque année. Voici les outils que les meilleures entreprises françaises utilisent en 2026 :
Analyse du comportement
Contentsquare : leader français mondial de l’analyse d’expérience digitale.
Amplitude : Suivi d’événements, funnels, cohortes.
Expérimentation
GrowthBook (open source) ou Kameleoon : pour l’A/B testing avancé.
Automatisation marketing et CRM
HubSpot : CRM tout-en-un pour PME B2B.
Brevo ou Sellsy : pour les alternatives françaises.
Acquisition et SEO
Ahrefs ou Haloscan (alternative pour le marché français) : SEO et content marketing.
YourTextGuru : optimisation sémantique, maillage interne.
Screaming Frog et OnCrawl : SEO technique et analyses de logs.
IA et growth marketing : ce qui change vraiment
L’IA n’a pas remplacé le growth marketer. Elle l’a transformé en super-utilisateur. Voici 4 usages qui ont vraiment aidé le métier en 2026 :
- Génération d’hypothèses : ChatGPT et Claude peuvent générer 30 hypothèses d’expérience en 5 minutes à partir de vos données utilisateur. Vous gardez les 5 meilleures.
- Analyse de données automatique : Hex, Julius, ou GPT-4 + Code Interpreter font tourner vos analyses statistiques sans avoir besoin d’un data analyst pour les questions simples.
- Personnalisation : Clay + GPT scrappe LinkedIn et le site de chaque prospect, puis génère une variable unique par cold email.
- Génération de variantes : 50 variantes d’objet d’email, de hook landing page, de titre Google Ads en 1 minute. Vous testez, vous gardez le top 3.
Le piège : croire que l’IA va remplacer la stratégie. Elle n’est qu’un accélérateur pas un remplaçant. La meilleure équipe growth de 2026 utilise l’IA pour l’exécution mais garde un humain senior pour la stratégie et l’interprétation !
Comment démarrer un programme growth marketing en 30 jours ?
Vous êtes une PME, vous n’avez pas les moyens d’une équipe de 6 personnes, mais vous voulez commencer. Voici le plan minimal en 30 jours :
Semaine 1 : audit et mesure
Installez un outil d’analytics produit (PostHog gratuit). Mappez votre funnel AARRR. Identifiez votre étape la plus faible.
Semaine 2 : hypothèses
Brainstormez 20 idées d’expériences sur l’étape la plus faible. Notez chaque idée selon les méthodes ICE ou RICE. Gardez les 5 meilleures.
Semaine 3 : implémentation
Lancez votre première expérience. Définissez un objectif chiffré (ex : passer de 25% à 35% d’activation) et une durée (14 jours minimum pour avoir des données significatives).
Semaine 4 : mesure et itération
Analysez les résultats. Si l’expérience gagne, l’industrialiser. Si elle perd, comprendre pourquoi et passer à la suivante. Répétez le cycle.
La règle d’or : ne pas lancer plus d’une expérience à la fois au démarrage. Vous ne sauriez pas laquelle a fait bouger l’aiguille.
4 erreurs qui plombent une stratégie de growth marketing
Erreur 1 : viser la viralité avant le product-market fit
Vous ne pouvez pas pousser à grande échelle un produit que personne n’aime. Avant tout effort growth, vérifiez que vos premiers utilisateurs reviennent et recommandent naturellement.
Erreur 2 : tester trop d’expériences à la fois
3 expériences en parallèle sur la même page = vous ne saurez pas laquelle a fait bouger l’aiguille. Une expérience à la fois, jusqu’à conclusion statistique.
Erreur 3 : arrêter trop tôt
Un test A/B a besoin d’un volume minimum pour donner un résultat fiable. Arrêter à J+3 parce qu’on a une tendance positive est l’erreur classique. Comptez 2 semaines minimum, 4 idéalement.
Erreur 4 : copier ce que font les grosses boîtes
Ce qui marche pour Notion ne marche pas forcément pour vous. Votre marché, vos utilisateurs et votre produit sont différents. Inspirez-vous, mais testez chez vous.
Conclusion :
Le processus de growth marketing peut être compliqué à mettre en place. Mais même si vous ne le faites pas, certains éléments derrière ce concept vont vous aider. L’expérimentation, s’attaquer à tout l’entonnoir, vous pouvez appliquer toutes ces idées à votre propre entreprise.
Si vous souhaitez en savoir plus sur l’application du growth marketing, je vous recommande ces sources :
Est-ce que j’ai oublié quelque chose sur le growth marketing ? Dites-le-moi sur Twitter.
FAQ sur le growth Marketing
Quelle différence entre growth marketing et growth hacking ?
Growth hacking était le terme original utilisé par Sean Ellis pour décrire la génération d’idées créatives. Le terme a été détourné par des amateurs qui l’ont réduit à des « hacks » douteux. Growth marketing est le nom plus professionnel et durable de la même discipline aujourd’hui. Mêmes méthodes, plus de rigueur.
Combien gagne un growth marketer en France en 2026 ?
Junior : 40 000 à 55 000€ par an. Confirmé : 55 000 à 80 000€. Head of Growth : 80 000 à 120 000€ + BSPCE. Aux US, ajoutez 50 à 100% au-dessus.
Quelle est la différence entre ICE et RICE ?
ICE = Impact, Confidence, Ease. Simple et rapide pour démarrer. RICE = Reach, Impact, Confidence, Effort. Rajoute la portée, donc évite de prioriser une optimisation qui ne touche que peu d’utilisateurs. Les équipes growth confirmées utilisent RICE.
Le growth marketing fonctionne-t-il en B2B ?
Oui, mais différemment du B2C. En B2B, les cycles sont plus longs et les volumes plus faibles, ce qui limite les tests statistiquement significatifs.
L’IA va-t-elle remplacer les growth marketers ?
Non, mais elle va transformer le métier. Les growth marketers qui survivent en 2026 sont ceux qui combinent expertise stratégique + maîtrise des outils IA. L’IA fait l’exécution (variantes, analyses simples, personnalisation), l’humain garde la stratégie et l’interprétation. Peu importe le domaine : SEO, Ads, Copywriting…
Combien de temps pour voir les résultats d’un programme growth ?
Premiers résultats d’A/B test : 2 à 4 semaines. Premières optimisations significatives sur l’entonnoir marketing : 3 mois. Construction d’une stratégie growth solide et durable : 6 à 12 mois. Le growth est un marathon, pas un sprint.


