Depuis que ChatGPT s’est invité dans vos workflows, le débat ne s’est jamais vraiment calmé. D’un côté, les équipes ont largement boosté leur productivité grâce à l’IA. De l’autre, plusieurs professionnels refusent encore d’y toucher, de peur de subir une pénalité algorithmique.
En France, comme partout dans le monde, la réalité du terrain est plus nuancée que ça. Et des données sont là pour le prouver.
En tant que rédactrice web, je l’ai bien vu, et très vite. Dès l’émergence des outils d’IA générative, j’ai compris qu’il y avait là un véritable enjeu pour l’avenir de mon métier. J’ai commencé à faire appel à ChatGPT pour générer des idées, m’aider à élaborer un plan d’article de blog, relire mon texte… À ce stade, la rédaction n’était pas entièrement impactée.
Mais rapidement, tout a évolué.
Aujourd’hui, je me retrouve à rédiger entièrement des fiches produits ou des articles avec l’IA. À partir d’un prompt (que je ne cesse d’affiner), elle me fournit un texte que je vais retravailler pour remanier les tournures, corriger des infos et ajouter mon expertise.
C’est ça, désormais, la réalité de mon métier. Et je me rends compte que c’est également celle de nombreux professionnels du web.
Alors, est-ce que rédiger aussi étroitement avec l’IA peut pénaliser mes performances SEO ? C’était ce que je pensais, au départ. Mais avec le temps et la pratique, je me suis vite rendue compte que pas tellement. Bien au contraire.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, commençons par regarder ce qui se passe sur le terrain.
Selon une étude menée par Semji x HubSpot sur l’impact de l’IA chez les équipes SEO et Content Marketing auprès de plus de 500 professionnels français du secteur, 86 % des entreprises utilisent désormais l’IA générative pour leurs activités marketing. Parmi elles, 72 % s’en servent pour le Content Marketing et 65 % pour le SEO.

Niveau rédaction web, les chiffres sont frappants. Dans les équipes marketing, 67 % des répondants affirment utiliser l’IA pour rédiger des articles pour leur site web. C’est plus que la recherche de nouvelles idées (45 %) et la rédaction pour les réseaux sociaux (31 %) !

Enfin, l’IA est utilisée de façon modérée (pour générer un premier brouillon) chez 53 % des participants. En revanche, 24 % d’entre eux l’utilisent pour générer un contenu complet.

Autrement dit, si vous utilisez l’IA pour produire du contenu, vous faites comme la quasi-totalité de vos concurrents. Ce qui était une pratique marginale il y a encore 2 ans est devenu aujourd’hui la norme.
Personnellement, je fais plutôt partie de ceux qui utilisent l’IA de façon modérée. Comme je l’ai expliqué, l’IA est la première étape de mon process en rédaction web :
- Je vais lui soumettre un prompt précis (type de contenu, requêtes, mots-clés, cible, tonalité à adopter…),
- L’IA me fournit un texte qui sera ma base de travail.
- Je remets en forme
- J’ajoute mes propres connaissances et je creuse des sujets abordés en surface…
Bref, je remets le tout à ma sauce (et à celle demandée par mon client) pour obtenir un contenu pro, humain et SEO.
Est-ce que ça me fait gagner du temps ? Plutôt, oui. Par rapport à un article écrit de A à Z par mes soins, l’IA facilite grandement ma recherche d’informations et peut même m’aider avec certaines tournures de phrases.
Tout ça paraît très positif, mais malgré tout, une question demeure : est-ce que Google s’en fiche ? Ou est-ce qu’à l’inverse, il surveille de plus en plus cette pratique ?
La réponse officielle de Google ne date pas d’hier. En bref ? Oui, vous pouvez parfaitement rédiger vos contenus avec l’IA.
En février 2023, le moteur de recherche a publié un billet sur son Search Central Blog. Il y indique le message suivant : il ne s’oppose pas au contenu généré par IA. Ce qui compte, c’est la qualité du contenu, pas la méthode de production.

Quand on y pense, c’est plutôt logique. Google lui-même propose désormais les AI Overviews dans plusieurs pays (sauf la France, mais ça ne saurait tarder) dans ses résultats de recherche. Par définition, ce sont des contenus générés par IA. Il est alors difficile d’interdire à ses utilisateurs ce qu’on pratique soi-même.
Début 2025, le ton a légèrement évolué.
D’après un billet Google publié en mai 2025, il ne pénalise toujours pas l’IA pour son utilisation. Cependant, il durcit son traitement des contenus produits à grande échelle sans valeur ajoutée.
En bref, c’est la pratique de spam autour de la production de contenu IA de mauvaise qualité qui est pénalisée.
Pour aider les rédacteurs, le moteur de recherche propose une page d’aide pour créer des contenus utiles, fiables et people-first.
Cela prouve bien que les signaux algorithmiques se font plus précis. Désormais, Google :
- procède à une analyse sémantique plus fine,
- repère mieux les similarités,
- détecte (et privilégie) la profondeur argumentative,
- valorise la cohérence du champ lexical…
La position de Google est donc très claire. L’IA peut être un excellent outil, si elle est utilisée au service d’un contenu unique et utile aux utilisateurs. En revanche, utiliser l’IA au cœur d’une stratégie de volume pour saturer les SERP est une pratique fortement sanctionnée.
Des données le confirment ! Selon une étude Ahrefs réalisée en juillet 2025 dans l’écosystème US, 86,5 % des pages qui se positionnent dans le top 20 de Google contiennent une part de contenu généré par IA. Seulement 13,5 % sont entièrement rédigées par des humains.

Le plus surprenant ? C’est qu’il n’y a presque aucune corrélation entre l’utilisation d’IA et la position des pages dans ce top 20 (elle a été évaluée à 0,011).

Si c’est la première fois que vous rencontrez une box plot, pas de panique, j’ai prévu un petit guide pour vous aider à la comprendre :

Honnêtement ? J’admets avoir été surprise par ce résultat. J’ai longtemps pensé que le contenu généré par IA pouvait être pénalisant, mais en rédigeant cet article, je me suis vraiment rendue compte que la tendance avait évolué. Avant, on associait beaucoup le contenu IA à un contenu de mauvaise qualité. Mais dorénavant, ce n’est plus forcément le cas.
Plus que le taux d’IA dans vos contenus, ce que Google mesure réellement, c’est l’EEAT. EEAT est un acronyme qui rassemble 4 critères :
- Expérience / Experience
- Expertise
- Autorité / Authoritativeness
- Fiabilité / Trustworthiness
Ils sont indépendants de la méthode de production de contenu : un contenu IA peut très bien les satisfaire et un contenu 100 % humain peut les rater.

Template EEAT (Excel / Google Sheets) à télécharger en français
Structurellement, ce qui pose problème avec le contenu 100 % IA, c’est que :
- L’IA synthétise ce qui existe déjà. Elle ne peut pas partager une expérience vécue, des résultats évalués sur le terrain ou une analyse fondée sur des données propriétaires.
- L’IA converge vers le consensus. Elle n’a pas d’opinion argumentée, ni de positionnement différenciant. Elle va simplement produire la moyenne de ce qui a déjà été écrit.
- L’IA ne capte pas complètement les spécificités françaises. Le cadre réglementaire RGPD, les particularités du marché digital français, les nuances culturelles et sectorielles… Tout ça lui échappe si aucun humain n’est là pour le lui injecter.
Les données sont claires, les guidelines de Google aussi. Et pour que tout soit encore plus clair pour vous, j’ai rassemblé tout ce que l’IA pouvait (et ne pouvait pas) faire en termes de rédaction de contenus.
Ce que l’IA fait bien :
- Générer un premier jet structuré à partir d’un brief précis
- Améliorer la fluidité, corriger la grammaire, reformuler des passages complexes
- Optimiser les balises title, meta descriptions et titres H2
- Proposer un plan pour couvrir un sujet en profondeur
- Accélérer les variantes répétitives : fiches produits, FAQ, descriptions…
Ce que l’IA ne peut pas remplacer :
- L’expérience terrain et les cas clients réels et uniques
- Les données propriétaires et les analyses originales
- Le positionnement éditorial différenciant et le point de vue d’expert
- La vérification factuelle rigoureuse, indispensable dans les secteurs réglementés
- L’adaptation aux spécificités du marché français
Ce qu’il faut absolument éviter :
- Publier un livrable IA brut sans relecture ni enrichissement
- Produire massivement du contenu générique sur des requêtes concurrentielles
- Ignorer les signaux EEAT (auteur identifié, sources vérifiables, expertise démontrée…)
Pour tout vous dire, c’est exactement en suivant cette logique que l’article que vous lisez a été rédigé. J’ai commencé par analyser la concurrence à propos du sujet, définir mon intention, préciser mon sujet, réunir mes sources, puis j’ai formulé le tout dans un prompt. J’ai aussi indiqué le nombre de mots minimum et la tonalité qu’il fallait employer. L’IA que j’ai utilisée ? Claude ! Je la trouve franchement plus intuitive et complète que ChatGPT, pour tout ce qui concerne la rédaction de contenus.
Donc, Claude m’a fourni un premier jet de cet article avec une structure très riche (mais perfectible) et des infos pertinentes. Je me suis assurée qu’il n’y avait pas de duplicate content ni d’erreur dans ce qu’il me racontait, j’ai remanié ses tournures, j’ai étoffé ses analyses, puis j’ai ajouté des témoignages de ma propre expérience. Comme celui que vous lisez, par exemple !
Et ça, c’est ce que je fais systématiquement avec tous mes clients. Et jusqu’à présent, cette stratégie fonctionne très bien.
Étape 1 : Vérifier le niveau de contenu IA avec Site Explorer
Avec Site Explorer d’Ahrefs, vous pouvez jeter un œil à la présence de l’IA dans vos contenus. Rendez-vous dans le rapport Meilleures pages pour y trouver un indicateur de « Niveau de contenu IA » pour chaque URL. 
À partir de cette donnée, vous pouvez repérer les pages avec un score IA élevé et envisager de les retravailler pour y apporter un enrichissement humain. Vous pourrez ensuite suivre l’évolution de ce mix rédactionnel dans le temps.
Si vous avez une page en position 8 ou 12 avec un score IA élevé, c’est souvent le signe qu’une réécriture pourrait l’aider à remonter. Donnez un exemple concret, une information d’actualité ou abordez un angle que vos concurrents n’ont pas traité pour vraiment vous démarquer.
L’IA excelle sur les requêtes génériques. Si vous lui posez des questions ultra-spécifiques, contextuelles ou qui nécessitent une expertise terrain, elle aura du mal à vous donner une réponse satisfaisante.

Je vais prendre l’exemple de l’un de mes sites web : Our Wedding Party.
Ici, on voit que mon Niveau de contenu IA est tout au plus « modéré ». Tant que l’outil ne le considère pas comme « élevé », aucune intervention sur le sujet n’est nécessaire ! D’ailleurs, mon article sur les tenues de mariage en hiver est en position 1 sur sa requête principale, “comment s’habiller pour un mariage en hiver”, tout en ayant un Niveau de contenu IA « modéré ». Cela prouve bien que ce n’est absolument pas un problème.
Étape 2 : Trouver les requêtes à forte valeur ajoutée avec Keywords Explorer
Je vous conseille ensuite de vous rendre sur l’outil Keywords Explorer d’Ahrefs et de filtrer par questions longue traîne sur vos thématiques. Dans les Préréglages, au niveau des filtres, vous avez une configuration pour filtrer par requêtes longue traîne :

Ces requêtes sont souvent moins privilégiées par la concurrence, et c’est précisément celles où votre expertise fera la différence !
Par exemple, une question comme “Comment adapter sa stratégie de contenu aux contraintes RGPD en France” nécessite une expertise juridique, réglementaire et marketing. L’IA ne pourra pas produire de réponse fiable et crédible sur un tel sujet.
Oui, vous pouvez utiliser l’IA pour rédiger vos contenus. Oui, l’IA ne cesse d’évoluer et de gagner en précision pour vous assister dans la rédaction web. Et non, il ne faut pas la laisser faire tout le travail à votre place.
La question à se poser, désormais, c’est : « Qu’est-ce que je peux apporter de plus que l’IA ? ».
Utilisez l’IA pour aller vite sur ce qu’elle fait bien, comme la structure, le premier jet d’un contenu ou l’optimisation SEO. Réservez ensuite votre temps, votre expertise et votre créativité pour ce que l’algorithme valorise vraiment, ce que vos lecteurs viennent chercher chez vous. À savoir : une expérience vécue, des données originales et un angle différenciant.
Ce n’est pas l’IA qui vous positionne. C’est votre expertise. L’IA vous aide juste à aller plus vite pour y arriver.

Une autre question peut aussi émerger : « Est-ce qu’un jour, nous pourrions parvenir à une production de contenu 100 % IA experte et fiable ? ». Un dénouement de ce type annoncerait la fin de la rédaction web telle qu’on la connaît aujourd’hui. Et à mon avis, même si le métier est (déjà) amené à beaucoup évoluer, c’est très peu probable que son extinction complète survienne. Pour autant, on ne peut jamais savoir avec certitude ce que l’avenir nous réserve.
Alors en attendant, si je devais vous donner un conseil, ce serait de suivre l’actualité. Continuez de faire de la veille. Continuez de vous former aux nouveaux outils. Continuez d’écrire. C’est ça qui, à mon sens, fera la différence entre les bons et les mauvais professionnels du SEO.
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