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Rendre votre site accessible va aussi booster votre SEO

Hélène Blondel Salaün
Rédactrice en cheffe chez BASH, agence web à Lille, Hélène crée des contenus SEO depuis plus de 15 ans. Elle accompagne les marques dans leur stratégie de contenu en combinant SEO et optimisation pour l'IA conversationnelle (AIO). Spécialisée en marketing digital, elle traduit les concepts techniques en contenus accessibles qui performent aussi bien dans Google que dans ChatGPT ou Claude, sans oublier le cœur de cible : le lecteur. À part écrire et le web, elle coud, jardine et s'essaie au piano.
Depuis la loi du 28 juin 2025, l’accessibilité numérique n’est plus une simple question de bonne volonté. C’est une obligation légale qui concerne une grande partie du tissu économique français. Et pour la première fois, les sanctions tombent vraiment.

Pendant longtemps, l’accessibilité a été reléguée au rang de « bonus » dans les cahiers des charges. Une case qu’on coche si on a le temps et le budget, en somme. Mais aujourd’hui (et heureusement), ce n’est plus du tout le cas. Avec l’entrée en vigueur de l’European Accessibility Act (EAA) et le renforcement du RGAA, les entreprises privées sont désormais tenues de rendre leurs services numériques accessibles sous peine d’amendes salées.

Et la bonne nouvelle dans tout ça, c’est que l’accessibilité et le SEO partagent une grande partie de leur ADN technique ! Travailler l’un, c’est souvent travailler l’autre. Dans ce guide, je vous explique pourquoi l’accessibilité numérique est devenue un enjeu business en France, ce que dit vraiment la loi en 2026, comment elle recoupe le SEO et surtout comment mettre les choses en place sans tout casser sur votre site.

Les chiffres et obligations cités dans cet article correspondent à l’état du droit en France au moment de la rédaction (mai 2026). Le RGAA évolue régulièrement : la version 5 du référentiel est annoncée pour fin 2026 selon la DINUM.

L’accessibilité numérique, c’est la capacité d’un service en ligne (site web, application mobile, document numérique, logiciel) à être utilisé par tout le monde. Y compris par les personnes en situation de handicap.

Concrètement, ça veut dire qu’une personne aveugle doit pouvoir parcourir votre site avec un lecteur d’écran, qu’une personne malvoyante doit pouvoir agrandir le texte sans casser la mise en page, qu’une personne sourde doit pouvoir consulter vos vidéos grâce à des sous-titres et qu’une personne avec un handicap moteur doit pouvoir naviguer au clavier sans souris.

En France, le sujet concerne plus de monde qu’on ne le pense

Selon l’édition 2024 du panorama « Le handicap en chiffres » publié par la DREES, 14,5 millions de personnes de 15 ans ou plus (soit près de 28 % de la population) déclarent au moins une limitation fonctionnelle sévère en France métropolitaine. Cela concerne les problèmes de vue ou d’audition (malgré une correction), les difficultés pour monter un escalier, les trous de mémoire fréquents…

Schéma qui détaille les limitations fonctionnelles des personnes de 15 ans ou plus

Plus largement, le ministère du Travail rappelle dans ses chiffres clés du handicap que 80 % des handicaps sont invisibles et qu’une personne sur deux sera en situation de handicap au cours de sa vie, de manière temporaire ou durable. Ce ne sont donc pas seulement « les autres » qui sont concernés. C’est potentiellement vous, votre famille mais aussi vos clients.

Si vous cherchez à développer votre présence en ligne, ignorer cette part de l’audience revient à vous priver d’une part significative du marché et à laisser sur le bord de la route des utilisateurs qui auraient tout à fait pu devenir vos clients.

Accrochez-vous : cette section risque d’être assez dense ! Néanmoins, je pense qu’elle est extrêmement importante si vous voulez comprendre les attentes actuelles concernant l’accessibilité numérique.

Les trois textes à connaître

  1. La loi du 11 février 2005. L’article 47 de la loi n° 2005-102 « pour l’égalité des droits et des chances » impose depuis 2005 l’accessibilité des services de communication publique en ligne aux personnes handicapées. À l’origine, le texte ne visait que les services publics et les grandes entreprises.
  2. Le RGAA (Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité). Le RGAA, dont la version 4.1.2 est actuellement en vigueur, est le cadre technique français. Il traduit les recommandations internationales WCAG 2.1 niveau AA en 106 critères concrets et organisés en 13 thématiques : images, cadres, couleurs, multimédia, tableaux, liens, scripts, éléments obligatoires, structuration de l’information, présentation, formulaires, navigation, consultation. Chaque critère est associé à des tests précis.
  3. L’European Accessibility Act (EAA). La directive européenne 2019/882, transposée en droit français par le décret 2023-931 du 9 octobre 2023, change la donne. Depuis le 28 juin 2025, l’accessibilité numérique n’est plus réservée aux acteurs publics et aux mastodontes du privé.

Qui est concerné depuis la loi du 28 juin 2025 ?

L’EAA étend les obligations à toute entreprise qui :

  • emploie plus de 10 salariés
  • ET réalise plus de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Les secteurs particulièrement visés sont :

  • les services bancaires et financiers,
  • l’e-commerce et les places de marché,
  • les transports (billetterie, info voyageurs),
  • la téléphonie et les fournisseurs d’accès,
  • les livres et liseuses numériques,
  • les services de médias audiovisuels à la demande.

Les micro-entreprises (moins de 10 salariés ET moins de 2M d’euros de CA) restent exemptées, sauf si elles opèrent en délégation de service public.

Les sanctions : combien ça coûte de ne rien faire ?

En France, le régime de sanctions est encadré par l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique). Depuis l’ordonnance n° 2023-859 du 6 septembre 2024, il prévoit diverses sanctions en fonction des manquements des entreprises.

ManquementSanction
Non-respect des obligations d’accessibilité (services de communication au public)Jusqu’à 50 000 € par service, renouvelable tous les 6 mois
Absence de déclaration d’accessibilité, de schéma pluriannuel ou de mention sur la page d’accueil25 000 € par site
Non-conformité dans le secteur privé (EAA)Amendes pouvant atteindre 50 000 € par infraction, avec possible retrait du service du marché

Ces sanctions sont cumulables et appliquées par service. Pour un groupe qui exploite 5 sites non conformes, la facture peut donc grimper très vite.

À noter
Les premiers contrôles de l’Arcom ont commencé courant 2025-2026 et la logique est explicitement « dissuasive ». Les autorités exigent au minimum un audit de départ, une déclaration honnête, un schéma pluriannuel et un plan d’action annuel pour démontrer une trajectoire de conformité.

Je vais être honnête tout de suite : non, l’accessibilité n’est pas un facteur de classement direct chez Google. John Mueller, le porte-parole bien connu de Google sur ces questions, l’a redit lors d’une interview récente rapportée par Search Engine Journal : pour lui, il n’est pas techniquement possible de quantifier objectivement l’accessibilité d’un site et donc d’en faire un critère de pertinence direct.

Mais il a ajouté quelque chose d’intéressant : il n’exclut pas que cela évolue, sur un modèle similaire aux Core Web Vitals. Et surtout, il a noté que les sites peu accessibles deviennent souvent peu recommandés, peu partagés et peu engageants, avec une mauvaise visibilité dans la SERP.

Cependant, les optimisations qui rendent un site accessible sont (pour la majorité) les mêmes que celles qui le rendent SEO-friendly ! Car pour Google, le SEO est avant tout une affaire d’expérience utilisateur. Et l’accessibilité, c’est justement une expérience utilisateur poussée à son maximum pour convenir à tous les profils.

Pour rejoindre mon point précédent, j’ai réuni les 6 piliers qui, selon moi, sont aussi utiles pour le SEO que pour l’accessibilité de votre site.

1. La structure des titres (H1, H2, H3…)

Pour les lecteurs d’écran, la hiérarchie des titres est le principal moyen de naviguer dans une page. Ainsi, un utilisateur aveugle peut sauter directement d’un H2 à l’autre pour scanner un article.

Pour Google, c’est aussi LA base pour comprendre la structure de votre contenu. Un seul H1 par page, une hiérarchie logique (pas de H4 directement après un H2), des titres descriptifs : ces règles, on les répète en SEO depuis des années. Et ce sont aussi des critères centraux du RGAA.

2. Les attributs alt sur les images

Le texte alternatif (alt) décrit une image pour les personnes qui ne peuvent pas la voir. Mais c’est aussi un signal de pertinence que Google utilise pour :

  • comprendre le contenu visuel d’une page,
  • positionner vos images dans Google Images,
  • mieux interpréter votre contenu global.

Une image décorative doit avoir un alt vide (alt=“”). En revanche, une image informative doit avoir un attribut alt court et descriptif. Une image qui sert de lien doit décrire la destination du lien. Ces règles s’appliquent à la fois pour le RGAA et pour les bonnes pratiques SEO.

L'interface de modification d'une image sur Shopify

Ici, dans le cadre d’un article sur les activités à faire pour un enterrement de vie de garçon (EVG), j’ai placé l’image d’un homme pilotant un karting en indoor. J’ai donc littéralement placé cette courte description en attribut alt.

À noter
Ne tombez pas dans le piège de la succession de mots-clés ! Oui, les mots-clés sont importants en SEO, mais quid de l’accessibilité ? Par exemple, si j’avais écrit « homme kart karting conduire dos combinaison casque indoor », cela serait tout bonnement illisible pour les personnes en situation de handicap qui s’appuient sur ces descriptions pour comprendre une image. Soyez donc bref et naturel.

3. Le maillage interne et les ancres descriptives

« Cliquez ici », « En savoir plus », « Voir la page »… Ces ancres ne servent personne. Ni les personnes qui utilisent un lecteur d’écran (qui passent souvent en revue les liens d’une page pour trouver leur chemin), ni les moteurs de recherche.

La bonne pratique à avoir (partagée par le RGAA et par toutes les recommandations SEO), c’est d’utiliser des ancres descriptives qui annoncent clairement la destination. Par exemple : « consultez notre guide complet sur le maillage interne » plutôt que « cliquez ici » !

4. La navigation et les fils d’Ariane

Une navigation cohérente et accessible au même endroit sur toutes les pages est un critère AA du RGAA. C’est aussi une règle fondamentale en UX que Google valorise via les signaux d’engagement. Sur Ahrefs, vous trouverez tous les liens utiles classés en bas de page :

Footer des pages du site Ahrefs FR

Les fils d’Ariane (breadcrumbs) ont un double intérêt :

  • ils aident les utilisateurs (y compris ceux qui arrivent depuis une recherche) à se repérer dans l’arborescence,
  • ils sont récupérés par Google et affichés directement dans les résultats de recherche.

C’est donc un investissement à très haut ROI.

5. La vitesse de chargement et le responsive

Un site lent pénalise tout le monde. Cependant, il pénalise encore plus les utilisateurs qui ont une connexion limitée, qui utilisent du matériel ancien ou qui dépendent d’aides techniques (qui consomment elles-mêmes des ressources).

Côté SEO, la vitesse est mesurée par les Core Web Vitals et fait partie intégrante des signaux de page experience. Côté accessibilité, les critères du RGAA sur la consultation reprennent une bonne partie de ces principes.

6. La hiérarchie sémantique du code

Utiliser les bons éléments HTML pour les bonnes fonctions (<nav> pour la navigation, <main> pour le contenu principal, <button> pour un bouton…) facilite la vie des lecteurs d’écran ET celle des crawlers.

Un code propre et sémantiquement correct, c’est aussi un code que les robots Google interprètent mieux. Et donc indexent mieux.

Mon conseil
Si vous devez auditer un seul chantier dans un futur proche, je vous recommande de commencer par la structure des titres et le maillage interne avec des ancres descriptives. Ce sont les corrections les plus rapides à mettre en œuvre et celles qui ont le plus d’impact, à la fois pour l’accessibilité et pour le SEO.

La mise en conformité d’un site au RGAA est un chantier sérieux, mais pas de panique ! Les étapes restent relativement simples à suivre. Mais n’hésitez surtout pas à vous faire accompagner par un pro.

Étape 1 : faire un état des lieux automatisé

Plusieurs outils gratuits peuvent vous aider à détecter rapidement les principaux problèmes :

  • WAVE : très visuel, il surligne directement les erreurs sur la page. Idéal pour démarrer.
  • Google Lighthouse : intégré à Chrome (clic droit > Inspecter > onglet Lighthouse), il fournit un score sur 100 et liste les corrections prioritaires.
  • Accessibility Checker : un audit en ligne avec un score par pays et critère.
  • axe DevTools : une extension Chrome utilisée par beaucoup de développeurs pour les tests rapides en environnement de développement.

Ces outils détectent un certain nombre de problèmes d’accessibilité. C’est donc très utile pour vous donner un point de départ, mais ça ne suffira pas pour atteindre la conformité RGAA.

Étape 2 : un audit RGAA complet

Pour aller plus loin, réalisez un audit basé sur les 106 critères du référentiel. Vous pouvez :

Le résultat de cet audit alimentera votre déclaration d’accessibilité, un document obligatoire qui doit être publié sur votre site et accessible depuis chaque page.

Étape 3 : croiser avec votre audit SEO

C’est là que les outils Ahrefs vous font gagner du temps. Avec Site Audit d’Ahrefs, vous pouvez identifier en quelques minutes des problèmes qui concernent à la fois le SEO et l’accessibilité :

  • les balises <title> manquantes ou dupliquées,
  • les méta-descriptions absentes,
  • les images sans attribut alt,
  • les liens brisés ou aux ancres non descriptives,
  • les hiérarchies de titres incohérentes (H1 multiple, sauts de niveau),
  • les pages orphelines difficiles à atteindre.

Tous ces points sont des critères RGAA ET des recommandations SEO. Donc si vous les corrigez une fois, les bénéfices seront doubles !

Où trouver toutes ces informations ? Rendez-vous sur Site Audit et sélectionnez votre domaine. Ensuite, allez sur « All issues » pour avoir le listing de tous les problèmes de votre site.

Les erreurs relevées par Site Audit sur mon site web

Par exemple, ci-dessus, je m’aperçois qu’il manque des attributs alt sur plusieurs images de mon site web. Il y a aussi des petits soucis avec certains titres et meta-descriptions et les structures de quelques pages. Il suffit alors de cliquer dessus pour avoir le détail de chaque souci et où il se trouve.

Les images qui n'ont pas d'attributs alt sur mon site web selon Site Audit

Étape 4 : améliorer la lisibilité de vos contenus

L’accessibilité, ce n’est pas que de la technique. Par exemple, le critère 13.7 du RGAA recommande plusieurs solutions pour améliorer la lisibilité et la compréhension, comme l’ajout d’un glossaire ou d’explications des abréviations.

Côté SEO et GEO, des contenus clairs, bien structurés et avec des phrases courtes performent aussi mieux dans les résultats de recherche et dans les citations des LLMs (ChatGPT, Claude, Perplexity, Google AI Overviews).

L’accessibilité numérique n’est plus une option en France, encore plus depuis le 28 juin 2025. C’est une obligation légale pour la plupart des entreprises et vous risquez de vraies sanctions si rien n’est appliqué. De plus, un site accessible est très bien récompensé au niveau du SEO. Donc toutes les raisons sont bonnes pour se mettre en conformité !

  • L’accessibilité touche un public énorme. 14,5 millions de Français déclarent une limitation fonctionnelle sévère et 80 % des handicaps sont invisibles.
  • Même si ce n’est pas un facteur SEO direct, le recoupement technique est très important. La structure des titres, les attributs alt, les ancres descriptives, la vitesse de chargement des pages… Tous ces critères rendent un site accessible ET mieux indexé sur Google.
  • L’audit se fait en plusieurs étapes. Utilisez des audits gratuits pour démarrer, puis Site Audit pour entrer dans le détail et trouver des solutions à chaque souci rencontré. N’oubliez pas qu’un audit RGAA complet est essentiel pour garantir la conformité de votre site !

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